Trois questions à...Nicolas Quirin, de "Sauvons nos entreprises"

Qu'est-ce qui vous pousse à vous mettre à nu ?

C'est une façon originale de faire parler de nous. On dénonce le RSI et la pression fiscale. Ce n'est pas notre première opération, ni la dernière. Mercredi, on s'est rendu dans la Manche à la réunion publique d'Alain Juppé. On a vu Hervé Morin aussi. Lundi, on voulait interpeller le président Hollande au Mont-Saint-Michel, mais il ne vient plus. Peut-être y sommes-nous d'ailleurs pour quelque chose...

On souhaitait aussi nous rendre à la réunion des maires, mais on nous en empêche. On a déjà fait quatre manifestations à Paris, monté neuf bus au départ du Calvados et de la Manche en septembre. On essaye de nous en sortir.

RSI et pression fiscale : quel est le problème, précisément ?

Le RSI, c'est la « cata » depuis 2008. On a des rappels de cotisations à 100 000 €. On reçoit trois courriers différents le même jour : un qui nous réclame 15 000 €, un autre 7 000 €... Les cotisations sont trop élevées. On ne s'en sort plus. ll faudrait les baisser de 10 %.

Depuis avril, on nous impose de financer les syndicats. S'ils faisaient leur travail, ça se saurait. Le tribunal de Coutances a dû ouvrir une cellule de crise. Onze indépendants se sont suicidés. Sur toute la France, c'est deux suicides par jour.

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Qui participe à ce calendrier dénudé ?

Des commerçants et artisans de la région de Caen. On a aussi un agriculteur de l'Orne. On a fait les photos chez moi à Villers-Bocage. On interpelle sans vulgarité.

Moi, je suis fleuriste, je pose avec un bouquet de fleurs. Le maçon pose avec un agglo. Le poissonnier avec un tablier et un plateau de fruits de mer. On n'est pas syndiqués. Notre collectif est basé à La Rochelle.