LE TELEGRAMME (10/10/14)

 

 

SAUVONS NOS ENTREPRISES

Le régime social des indépendants en accusation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pascal Jaouen Festival de Cornouaille « Sauvons nos entreprises ».

 

 

Le Régime social des indépendants en accusation 11 octobre 2014/ Ronan Larvor / Une vingtaine d'artisans et commerçants se sont réunis, hier, devant le siège du RSI au Braden.. Les sourires étaient de rigueur mais le moral n'était pas au top, hier, vers 16 h 30. Le rassemblement appelé par l'association « Sauvons nos entreprises », qui réunit des artisans et commerçants dans la mouvance des bonnets rouges, n'a pas beaucoup mobilisé. « Tout le monde se fédère, les routiers, les agriculteurs, constate une restauratrice. Nous, nous sommes au travail six jours sur sept et le septième jour c'est pour faire la compta. Nous avons du mal à nous libérer ».

 

Ce vendredi, la colère s'exprimait contre le Régime social des indépendants (RSI), la caisse de Sécurité sociale des chefs d'entreprise. « Beaucoup d'indépendants n'atteignent pas le Smic, dit Frédéric qui travaille dans l'informatique. Moi, je ne déclare plus rien sinon je mets la clé sous la porte. Je dois payer 54 % de taxes sur le chiffre d'affaires brut, après il faut encore payer les fournisseurs, les salariés quand il y en a. Nous sommes aujourd'hui dans la désobéissance ». « Diminuer les charges » « Il faut revoir le système pour laisser de la trésorerie aux artisans, assure une femme d'artisan.

 

Les cotisations sont basées sur le chiffre réalisé deux ans avant. S'il y a une baisse d'activité, on est étranglé. Mais on a un mur en face de nous ». « Savez-vous que la retraite moyenne chez nous est de 354 € », ajoute une autre. Christophe tient une entreprise de peinture. « J'ai des douleurs à l'épaule liées à mon métier, dit-il en montrant sa feuille médicale. Le RSI ne veut rien prendre en charge. Quand nous avons un problème de santé, il y a un délai de carence de sept jours, et si nous ne sommes pas en règle de cotisation au centime près, il n'y a aucune prise en charge ensuite. L'aide médicale d'État couvre la misère du monde, pourquoi pas nous ? ».

 

Wolfgang est l'un des responsables bonnets rouges du Pays bigouden. « Je connais une entreprise de deux salariés qui paye 43.000 € de charges annuelles. Il faudrait que celles-ci soient diminuées pour augmenter les salaires ou alors augmenter les effectifs. Ce n'est pas possible ». « Du coup, les employés en sont à des salaires de misère et nous à 70 heures par semaine », souligne un artisan. Hier, le fumigène allumé par le petit groupe annonçait peut-être de nouvelles mobilisations. Il y a tout juste un an, le mouvement des bonnets rouges était né sans que personne ne le sente venir.

 

© Le Télégramme - Plus d’information sur http://www.letelegramme.fr/finistere/quimper/sauvons-nos-entreprises-le-regime-social-des-independants-en-accusation-11-10-2014-10381917.php

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