Nu contre le RSI

À Marseille, l"itinéraire d'un artisan ruiné" ou l'art de se retrouver à poil

 
MARSEILLE 
 

Yann Boëzennec a lancé un appel à l'aide en se mettant à nu sur le web

Actualités - À Marseille, litinéraire d'un artisan ruiné ou l'art de se retrouver à poil
Photo G.A.
Yann a encore "40 000 euros de dettes à éponger". Il a trouvé un "proprio sympa" qui lui fait payer "un tout petit loyer."

 

Non, cet homme n'est pas naturiste. Quand il reçoit dans son modeste appartement situé à deux pas de la gare Saint-Charles, Yann Boëzennec est bel et bien habillé. En revanche, ce quinqua originaire de Bretagne ne se fait pas prier lorsqu'il s'agit de se mettre à nu...

C'est là tout l'objet de sa vidéo, postée vendredi dernier sur Youtube etDailymotion. L'artisan, qui a ouvert en 2004 une société de prestations de services à Cadenet, se déshabille et raconte, en trois minutes, comment l'administration l'a "complètement ruiné".

L'écouter déballer les dernières années de sa vie fait froid dans le dos. Son histoire, jalonnée d'autant de "galères" que de "coups de sorts" en tout genre, et du "destin qui, lui aussi s'acharne", ressemble à un aussi sombre qu'incroyable scénario de série B.

"Pire, une mauvaise série Z", ironise l'intéressé, avec un recul qui en dit long sur son habitude à encaisser les coups durs et essuyer des plâtres. Et, de plâtre, il en est justement question lorsqu'il fonde cette fameuse société "Agencement conseil décoration conception".

Ou "AC/DC" pour les intimes et initiés. "Ce nom, c'est pour mon côté rock", précise celui qui a (très bien) gagné (le début de) sa vie en travaillant pour une grande maison de disques. Un chien qui remue la queue lorsqu'on prononce le nom d'Elvis, des tasses à café aux couleurs des groupes U2 ou des Rolling Stones et des posters des Beatles accrochés aux murs...

"C'est tout ce qui me reste de ma vie d'avant", dit-il. Avant, donc, qu'il n'est à faire au Régime social des indépendants (RSI), l'organisme chargé de taxer sa petite entreprise de rénovation. "Au début, je payais mes charges. Tout allait bien, résume-t-il. Mais en 2007, le RSI me réclame soudain 17 000 euros sur mes 22 000 euros de bénéfices", détaille Yann, documents à l'appui. "Surréaliste. Ils ont reconnu l'erreur oralement,mais ne m'ont jamais remboursé."

C'est là qu'a débuté "la spirale infernale". "Si je ne payais pas, on me supprimait ma couverture sociale." Or, il a une fille à charge. Shirley, inscrite aujourd'hui en fac de médecine, confirme : "Y avait pas de cadeau de Noël.""Ça fait cinq ans qu'on a oublié Noël", ajoute le papa. Qui, entre-temps, a cumulé toutes les mésaventures du monde : départ de sa comptable, escroqueries, courriers des huissiers, suspension du RSA, tumeur au poumon, avis d'expulsion... Comme il dit sur sa vidéo, il a "tout fait, tout essayé".

En vain. "Sans cesse confronté à des murs." Avant, finalement, d'en appeler à "la solidarité nationale" et de tout déballer sur Internet : "Pour me faire entendre, pour dénoncer les failles de l'administration et pour prouver que cela peut arriver à n'importe qui..." de se retrouver à poil.

 

Source: http://www.laprovence.com/article/actualites/2055061/a-marseille-litineraire-dun-artisan-ruine-ou-lart-de-se-retrouver-a-poil.html

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