Le RSI facilite la vie

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Créé en 2006, le RSI était censé faciliter la vie de ses 5,6 millions d’assurés. Entre les appels de cotisations farfelus, les radiations sauvages et les remboursements oubliés, on peut dire que c’est réussi !

A l’heure où nous écrivons ces lignes, Anne Soubra-Belay, libraire à Gex, dans l’Ain, n’a toujours pas résolu son problème. Après deux ans de bataille, des dizaines de coups de fil, plusieurs lettres recommandées et des heures de palabres au guichet, les ronds-de-cuir du RSI – la Sécu des indépendants et des commerçants – continuent de lui réclamer de lourdes pénalités de retard pour des impayés imaginaires. Fort heureusement pour elle, ces distraits règlent aussi depuis des mois les prestations maladie de son mari en oubliant de lui prélever la moindre cotisation. Ça compense… «On leur a signalé cette erreur à plusieurs reprises, mais ils ne nous ont jamais répondu, soupire notre assurée déboussolée. Je crois que nous avons affaire à des fantômes.» Disons plutôt à des artistes, car, à ce niveau d’incurie, la gestion des organismes sociaux relève de la poésie.

Les lecteurs salariés seront sans doute étonnés de découvrir ce grand bazar logé au sein de notre Etat providence. Pour eux, les problèmes de Sécurité sociale se résument à quelques retards dans les remboursements et à des feuilles de maladie qui s’égarent de temps à autre. Trois fois rien. Les commerçants, les artisans et les professions libérales, eux, vivent un véritable enfer avec la leur. Prélèvements farfelus, radiations arbitraires, erreurs grossières dans le calcul des retraites, privation brutale de couverture maladie, plates-formes téléphoniques claquemurées, guichetiers autistes et lettres recommandées classées dans les poubelles… «C’est à devenir fou !», explose Jean-Guilhem Darré, délégué général du SDI, un petit syndicat de travailleurs indépendants, qui croule sous les appels au secours. Selon ses estimations, un professionnel sur quatre est touché par le fléau, et certains vont jusqu’à s’en rendre malades. «C’est vrai qu’il y a eu des problèmes, mais les choses sont en train de s’améliorer petit à petit», tempère-t-on à la direction de l’organisme, en réclamant «encore un peu de patience» aux assurés. Va doucement, c’est tout bon, comme on dit dans les montagnes…

Tout a commencé il y a sept ans, lorsque les pouvoirs publics ont entrepris… d’améliorer les choses. A l’époque, trois caisses se partageaient la protection sociale des boutiquiers et des professions libérales, la Cancava, l’Organic et la Canam. L’affaire tournait à peu près rond, mais ce triolisme assuranciel hérité de l’histoire occasionnait des frais de gestion élevés et rendait le système inutilement complexe. D’où l’idée de regrouper ces réseaux en un seul, moderne, efficace et, espérait-on, géré au cordeau. Tant qu’à faire, le gouvernement aurait évidemment pu les fondre dans la grande 
Sécu des salariés, cela aurait été encore plus simple et plus économique. Mais les petits marquis issus des syndicats professionnels (UPA, CGPME, Cidunati, UNAPL…) qui gouvernaient les caisses ne voulaient pas en entendre parler : ils y auraient perdu leur brin de pouvoir et leur voiture de fonction. Et personne n’avait envie de les fâcher…

 

Source: http://www.capital.fr/enquetes/economie/la-secu-des-artisans-commercants-un-vrai-calvaire-816280

Les réactions

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    Fabrice Gouy

    Le 17/03/2014 à 15:33:10

    Bonjour,
    J'ai commencé mon activité en novembre 2013 ; je ne me suis toujours pas payé à ce jour.
    Début décembre, je reçois un appel de cotisations hallucinant alors que j'ai droit et demandé l'Accre. Je les appelle et leur renvoie le document de l'URSSAF qu'ils n'auraient pas reçu, ce ci avant fin décembre. Je rappelle x fois, envoie des mails sur leur site, ils prélèvent quand même le montant annoncé le 5 février 2014, que je demande à rejeter à ma banque (de plus pas les fonds suffisants...). JAMAIS AUCUNE REPONSE, aujourd'hui un SMS sans montant me demandant d'envoyer un chèque. Je les appelle, j'apprends que je dois des majorations et ...je me fais raccrocher au nez au motif que je ne suis pas assez aimable ! (aucune insulte, j'ai seulement un ton ferme !) et eux ne font pas leur boulot mais ça c'est normal, les pauvres chous ne supportent pas qu'on le leur fasse sentir ! d'où ils sortent et sur quelle planète est-on ? J'ai ensuite appelé l'URSSAF, mon interlocuteur a clairement compati et j'ai bien compris la beresina qu'est le RSI, apparemment je ne suis pas le premier et de loin ! Cet organisme calamiteux est un passage obligé en plus ! on se croirait dans une dictature où on a que le droit de subir, c'est un véritable scandale en France et aucun politique ne s'insurge ? je n'en reviens toujours pas !
    Merci à vous d'exister, mais on demande seulement le minimum, qu'ils fassent leur boulot !

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